Chargement Évènements

stop-actaAprès la mobilisation internationale contre les projets de loi américains SOPA et PIPA, voici que quatre lettres font à nouveau l’actualité : ACTA. Derrière cet acronyme barbare se cache l’Accord commercial anti-contrefaçon  (Anti-Counterfeiting Trade Agreement), négocié dans le plus grand secret en dehors des structures internationales existantes (Nations-Unies, OMC, etc.) et récemment signé par l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon, le Maroc, la Nouvelle Zélande et Singapour… mais surtout par l’Union européenne et 22 de ses États-membres dont la Belgique. Contrairement à ce que son titre laisse supposer, il ne traite pas seulement de la contrefaçon de marchandises, mais aussi de domaines comme les médicaments génériques et surtout le droit d’auteur sur Internet. Un de ses objectifs est de faire pression sur les fournisseurs d’accès pour les forcer à retirer de leur réseau des contenus qui déplairaient à des entreprises privées, sans intervention de la Justice. L’accord doit encore être validé par le Parlement européen, et c’est là que se concentrent à désormais toutes les attentions. Kader Arif, rapporteur du texte au Parlement européen a démissionné de son poste d’une manière fracassante à l’annonce de cette signature sans débat, dénonçant ce qu’il appelle une mascarade, tandis que la signataire pour la Slovénie a présenté ses excuses publiques pour n’avoir pas été attentive à son contenu. Si dans un premier temps les protestations contre cet accord semblaient limitées aux milieux (h)ac(k)tivistes d’Internet et d’associations comme la Quadrature du Net, cette signature qui se voulait discrète est tombée le 26 janvier, soit la même semaine que l’annonce de la fermeture de MegaUpload. Alors que des manifestations ont eu lieu ce samedi dans toute l’Europe, cela fait par exemple plusieurs semaines que des dizaines de milliers de Polonais descendus dans les rues, dont plus de 15 000 rien qu’à Cracovie. Des parlementaires polonais de l'opposition ont revêtu le masque d'Anonymous pour protester contre la signature d'ACTA Des parlementaires polonais de l’opposition ont revêtu le masque d’Anonymous pour protester contre la signature d’ACTA En Belgique, nos représentants politiques et les médias restent étonnamment discrets sur le sujet, à l’exception de la sortie de « notre » Commissaire européen Karel de Gucht pour qui il n’y a aucune inquiétude à avoir. Et si aux États-Unis les géants d’Internet sont prompts à réagir lorsque leur gagne-pain est menacé comme avec les lois SOPA et PIPA, en Europe ce sont plutôt les citoyens et les ONG qui montent au créneau. Et bien entendu les désormais célèbres Anonymous dont on voit fleurir les masques représentant Guy Fawkes lors des manifestations organisées un peu partout en Europe, souvent portés par de très jeunes représentants de la « génération Internet ». À défaut de pouvoir donner la parole à l’un d’entre-eux (c’est interdit ;-) ), nous chercherons à connaître leurs méthodes et motivations.

Intervenants

  • André Loconte de la Nurpa, qui nous parlera de l’opposition entre échange non marchand et « piratage », des divers mouvements nés en réaction (Anonymous, Telecomix, …) et des nouvelles législations que l’industrie du copyright tente d’imposer (ACTA, PIPA/SOPA);
  • Les organisateurs de la manifestation du 11 février devant la Bourse de Bruxelles.

Informations pratiques / accès

Le mercredi 15 février 2012 dès 19h au premier étage du Coco, Place du Luxembourg 10, 1050 Bruxelles

Quand ?

15.02.2012 19:00

Orateurs

Nos partenaires